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Vivre activement et mourir activement dans la dignité

janvier 14, 2022

Par Sandra J. Hartley, M.Ed.Phys., D.Ed.

Si l’aide médicale à mourir est désormais accessible, mourir dans la dignité demeure un concept qui ne fait toujours pas consensus entre partisans et opposants. Personne n’aime parler de ces questions, mais compte tenu de toute l’attention accordée à l’amélioration des soins en fin de vie, le moment est venu d’aborder le sujet.

Les débats entourant ce sujet ne portent pas tant sur le sens de la mort, mais sur le caractère avilissant et l’absence de qualité de la vie, dans les derniers jours de la vie.

Des mots empreints de jugement comme dignité, soins palliatifs et souffrance ont plusieurs interprétations.

Peut-être que de meilleures définitions nous aideraient à comprendre quand la mort s’enclenche et quand la vie prend fin. Sans définition, nous avons à nous en remettre à des témoignages bouleversants sur les agonies et les souffrances interminables qu’ont vécu des gens pendant des jours, des semaines, des mois, voire des années.

Par cet article, j’espère lancer une discussion sur le rôle d’une vie active dans le sens à donner au terme « dignité ». J’aimerais ramener la notion de dignité dans le royaume des vivants. Je suis convaincue que notre lutte pour vivre activement s’entend d’une vie digne d’être vécue. Et quand vient le jour où quelqu’un en arrive à ne plus trouver de sens dans cette lutte, il ou elle peut décider de prendre des moyens pour cesser de vivre. Comment se fait-il qu’une vie active est encouragée et non une mort active?

Vieillir dans la dignité

Incontestablement, nous vivons plus longtemps et en meilleure santé et apprécions la vie davantage. Et même les bébé-boumeurs qui sont devenus bébé-zoomeurs par leur participation sportive doivent un jour se rendre à l’évidence : ils sont mortels.

Sur le plan biologique, les physiologistes de l’exercice nous disent que nous atteignons le sommet de notre forme à l’âge de 25 ans. Les femmes commencent à perdre de leur force entre 40 et 50 ans et développent des fragilités chroniques plus tôt et plus rapidement que les hommes. En revanche, les hommes sont confrontés à des problèmes de santé plus graves et vivent légèrement moins longtemps que les femmes.

Peu importe que nous soyons femme ou homme, peu importe notre âge ou notre mode de vie, nous allons mourir tôt ou tard, mais il y en a certains parmi nous qui meurent dans de meilleures conditions que d’autres. Nous aspirons tous à vivre bien et à vivre longtemps, mais il est rare que le dénouement de la vie soit heureux.

L’indignité d’une vie qui s’éternise

La plupart des familles ont été témoin du malheur et des souffrances de proches âgés en fin de vie, sans que des maladies précises ne soient en cause. La spirale descendante du vieillissement très tard dans la vie mène souvent à une multitude de problèmes de santé démoralisants et invalidants. Mais aucun de ces problèmes n’est suffisamment grave en soi pour mener à une fin paisible.

Combien de temps dure cette spirale descendante? La mort peut-elle s’éterniser pendant des jours? Des semaines? Des années?

La question de la dignité est souvent reliée aux soins de fin de vie et à la médicalisation de la gestion de la douleur, aux interventions chirurgicales et à d’autres traitements à un âge avancé. Au départ, nous sommes enchantés que nos êtres chers puissent bénéficier d’un meilleur confort pendant un certain temps. Mais un jour ou l’autre, la médecine ne nous laisse plus mourir quand on devrait mourir. Paradoxalement, la pratique médicale nous aidera à gérer la douleur aussi longtemps qu’il faudra, et ira jusqu’à tolérer que l’on cesse de s’alimenter.

Une personne âgée qui a un ordre de non-réanimation dans son dossier peut être ramenée à la vie dans une ambulance quand les ambulanciers n’ont pas le temps de vérifier la documentation. Se faire ramener à la vie à répétition finit par avoir de dures conséquences et une personne finit par perdre tout intérêt dans la vie et à se couper des autres. Ma chère mère après cinq réanimations était toujours en vie et consciente à plusieurs égards, mais elle était aussi morte à plusieurs autres égards. Elle ne mangeait plus. Elle n’ouvrait plus les yeux. Elle ne répondait plus aux questions. Elle n’avait plus de réaction quand on lui faisait un câlin. Ma mère est morte six fois parce qu’elle aura été  scandaleusement laissée à son pire cauchemar, l’indignité d’une vie qui s’éternise.

Vivre activement et mourir activement dans la dignité

La dignité d’une vie active

Certains affirment que le décompte de la vie s’amorce dès notre naissance. Mais c’est la vie, et pendant que nous sommes en vie, nous voulons vieillir du mieux que nous le pouvons et bénéficier des activités qui nous maintiennent en santé et en forme. Chercher à se maintenir en forme et à préserver sa santé à tout âge est le summum d’une vie vécue dignement.

Une vie dans la dignité est une expérience unique. Quand nous arrivons au troisième âge, nous tendons à accepter un certain ralentissement et un déclin de nos fonctions, certains problèmes de santé, certaines incapacités et certaines douleurs comme étant simplement dû au fait de vieillir. Si seulement une minorité parmi nous vivons presque centenaire, certains dans ce groupe d’âge participent à des marathons et à des courses Ironman. Les preuves abondent que l’âge n’est pas un obstacle à une vie active.

Il n’est pas nécessaire d’être un athlète. Marcher, faire des étirements et suivre un programme d’activité physique modéré réduit de moitié, en moyenne, le déclin qui survient entre l’âge de 30 et 80 ans. Aucun médicament ne peut réduire de moitié le déclin lié au vieillissement comme une prescription d’exercice de base le fait!

Une vie dans la dignité se trouve grandement rehaussée par une personnalité positive, de la scolarité et des ressources, un réseau social de soutien, beaucoup de chance et bien entendu une raison de vivre. Mais nous pouvons vieillir mieux et bénéficier d’une meilleure qualité de vie quand nous sommes  physiquement actifs. Que ce soit en s’assouplissant les doigts au piano, en dansant à fond, en faisant du kayak sur un lac, ou en promenant le chien dans un parc, ce que nous faisons physiquement caractérise notre dignité.

La dignité se présente sous toutes les formes et dans toutes les tailles

En tant que gérontologue qui a côtoyé des centaines d’aînés au fil des années, je peux vous confirmer qu’il y a de de vieilles bonnefemmes et de vieux bonhommes déplaisants et qu’il y a de vieilles et de vieux sages qui sont bons et humbles malgré leur situation et leurs malheurs. Mais il est dangereux de verser dans les stéréotypes et le jugement.

Par exemple, il y a de « petites vieilles » qui jouent au bingo, mais il y en a aussi qui sont obèses, des milliers d’entre elles, qui jouent au bingo. Elles se lèvent le matin et sont impatientes de se mettre à bouger parce qu’elles sont veuves, elles adorent ce jeu, et elles se divertissent et en retirent du plaisir. En hiver, elles enfilent des vêtements chauds, marchent, prennent leur automobile ou les transports en commun, pour rencontrer leurs amies et font un effort pour rendre leur après-midi ou leur soirée agréable. Ce n’est pas de l’exercice au sens où la plupart d’entre nous l’entendons, mais elles doivent faire un réel effort physique et puiser dans leur énergie pour s’adonner à leur activité favorite. Peu de femmes âgées sortent pour la journée, mais les joueuses de bingo le font. J’irais jusqu’à dire que c’est leur façon de vivre dans la dignité.

J’aimerais proposer aux défenseurs d’une vie active d’examiner le rôle important que l’activité quotidienne, y compris celle qui comporte peu d’activité physique, peut avoir dans le maintien de la dignité et de la qualité de la vie. Une vie active renvoie avant tout à cultiver sa joie de vivre, à savoir composer avec les jours d’hiver, à se donner la peine de sortir et de se divertir, et encore mieux encore, de choisir l’activité physique au lieu d’une vie sédentaire.

Si un jour, un chercheur en venait à découvrir que toutes les personnes qui ont plus de 70 ans sont en train de mourir sur le plan biologique, alors il faudra remettre mourir dans la dignité à l’ordre du jour. Mais d’ici là, faisons la promotion d’une vie active pour ajouter de la dignité à la vie et profitons de nos activités autant que nous le pouvons.

Au sujet de l’auteure
Sandra J. Hartley, M.Ed.Phys., D.Ed. est professeure émérite de l’Université de l’Alberta, et vit à White Rock/South Surrey, en Colombie-Britannique.

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L’importance capitale de l’entraînement musculaire chez les aîné(e)s

décembre 31, 2021

Au fil des années, les adultes perdent de la masse musculaire et s’affaiblissent. Leur puissance, un terme qui renvoie à la capacité de contracter rapidement les muscles, s’en trouve elle aussi réduite. Ces changements au niveau du cerveau, des nerfs et des muscles engendrent des problèmes qui peuvent compromettre leur sécurité et leur autonomie.  Les aîné(e)s deviennent ainsi moins capables, ou même incapables, de s’adonner à leurs activités favorites. Ils risquent davantage de faire des chutes. Certains d’entre eux en viennent à n’être plus capables de se lever d’une chaise ou d’un fauteuil.

Mais il y a de bonnes nouvelles. Peu importe votre âge ou votre capacité, vous pouvez développer votre force et votre puissance en faisant des exercices contre résistance aussi appelés exercices musculaires. Depuis les années 1990, les chercheurs ont démontré que les exercices musculaires sont utiles aux aîné(e)s. Vous pouvez faire des exercices musculaires si vous êtes en santé, actif et dans la soixantaine. Vous pouvez également faire des exercices musculaires si vous êtes moins actif ou frêle et avez franchi le cap des 90 ans. Les directives en matière d’activité physique recommandent aux aîné(e)s de faire des exercices pour renforcer leurs muscles. Grâce à ces informations, les programmes d’entraînement musculaire pour les aîné(e)s gagnent en popularité et sont maintenant offerts dans plusieurs localités.

Directives en matière d’entraînement musculaire

La Société canadienne de physiologie de l’exercice (SCPE) vient de publier les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour les adultes (65 ans et plus). Ces directives vous recommandent de faire au moins deux jours par semaine des exercices faisant appel aux groupes musculaires importants, entre autres des jambes, du tronc et des épaules.

Peu importe comment vous choisissez de vous entraîner, l’important est de fournir suffisamment d’effort pour améliorer votre force. Vous pouvez faire des exercices à la maison, dans un centre de conditionnement physique ou dans un centre communautaire. En guise d’équipement, vous pouvez utiliser au choix :

  • des appareils d’entraînement musculaire;
  • des poids et haltères;
  • des tubes de caoutchouc;
  • des bandes élastiques.

Bienfaits de l’entraînement musculaire

Faire des exercices musculaires vous aidera à regagner une partie de la masse musculaire que vous avez perdue au fil des années. Vous aurez aussi plus de facilité à vaquer à vos tâches quotidiennes, et aurez un meilleur équilibre et plus d’assurance. La recherche a démontré que l’entraînement musculaire se traduit par :

  • une ossature en meilleure santé;
  • une meilleure posture;
  • une diminution des tissus adipeux;
  • une diminution du risque de chute;
  • une capacité accrue à se mouvoir plus rapidement;
  • de meilleurs réflexes;
  • une facilité accrue à monter les escaliers;
  • une facilité accrue à se lever d’une chaise ou d’un fauteuil.

L’importance capitale de l’entraînement musculaire chez les aîné(e)s

S’entraîner de manière sécuritaire

  • Adhérez à un programme d’entraînement musculaire. Faites appel à un entraîneur personnel ou à un instructeur de conditionnement physique qualifiés; ces derniers pourront vous enseigner comment exécuter correctement vos exercices.
  • Respirez naturellement. Ne retenez pas votre souffle.
  • Commencez lentement.
  • Augmentez d’abord le nombre de fois que vous répétez un exercice avant d’augmenter la charge.
  • Utilisez systématiquement la bonne technique. Abstenez-vous de soulever des charges trop lourdes qui vous empêcheront d’exécuter correctement la bonne technique.

Conseils pour obtenir de meilleurs résultats

  • Entraînez-vous deux ou trois jours par semaine en intercalant un jour de repos entre les jours d’entraînement.
  • Exercez toujours les groupes musculaires importants des jambes, des bras, du torse, du dos et de l’abdomen. Cela devrait représenter de  8 à 10 exercices distincts.
  • Faites au moins une série de répétitions, c’est-à-dire répétez le même exercice de 8 à 15 fois avant de prendre un repos.
  • Vous pouvez améliorer davantage votre force si vous faites deux ou trois séries de répétitions de chaque exercice.
  • Reposez-vous environ deux minutes entre chaque série.
  • Si vous êtes débutant(e), choisissez un poids que vous pouvez soulever de 10 à 15 fois en série.
  • Dès que vous pourrez répéter un exercice plus de 10 à 15 fois en série, cela voudra dire que vous êtes prêt(e) à utiliser un poids plus lourd.
  • Choisissez alors un poids plus lourd que vous pouvez soulever de 8 à 10 fois en série. C’est ce qu’on appelle une progression et si vous voulez améliorer votre force, vous devez progresser.
  • Quand vous aurez atteint vos objectifs, entraînez-vous une fois par semaine pour maintenir votre force musculaire.

Programmes d’entraînement musculaire

Les centres de santé communautaire,  les centres de ressources communautaires, les YMCA et les YWCA, les centres de loisirs, les centres de conditionnement physique,  les centres pour aîné(e)s, les universités et les collèges offrent des programmes d’entraînement musculaire. Si le centre le plus rapproché de chez vous n’offre pas un tel programme aux aîné(e)s, proposez aux responsables d’en mettre un sur pied! Ce serait plein de bon sens.

Plusieurs organismes associés à Vieillir activement Canada offrent des programmes de musculation. Contactez-les pour obtenir de l’information.

Alberta Fitness Leadership Certification Association (AFLCA) Provincial Fitness Unit
Sans frais : 1 866 348–8648

Canadian Centre for Activity and Aging
Sans frais : 1 866 661-1603

Société canadienne de physiologie de l’exercice (SCPE)
Sans frais : 1 877 651-3755

VON Canada SMART (Seniors Maintaining Active Roles Together)® Program
Sans frais : 1 888 866-2273

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